Octobre 1945 : La Sécurité sociale a 80 ans - Défendons la !
La Sécu : une idée toujours révolutionnaire
Créée en 1945 dans la foulée du Conseil national de la Résistance, la Sécurité sociale incarne un véritable choix de société : garantir à chacune et chacun des droits sociaux fondamentaux, de la naissance à la fin de la vie. 80 ans plus tard, ce modèle, envié dans le monde entier, demeure une conquête fragile, sans cesse menacée depuis 1947 par tous les gouvernements.
La Sécurité sociale a été créée par les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 signées par le ministre du travail Ambroise Croizat.
Né le 28 janvier 1901 à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie) et mort le 11 février 1951 à Suresnes (Hauts-de-Seine), Ambroise Croizat est secrétaire général de la fédération des travailleurs de la métallurgie CGT, membre du Parti communiste français et député de la Seine.
A sa mort en 1951, d'un cancer du poumon, un million de personnes l’accompagnent au cimetière du Père-Lachaise où il est inhumé.
Le 5 mai 1947 Ambroise Croizat est évincé du gouvernement avec les autres ministres communistes. C’en est fini de l’invention sociale et des Jours Heureux. Le lendemain devant la foule des ouvriers de st Denis, il déclare:
“Ma présence au ministère du Travail ne m’a jamais fait oublier mon origine et mon appartenance à la CGT. Je ne mériterais pas votre confiance si, par malheur, je m’étais laissé aller, au cours de mon activité gouvernementale, à oublier vos souffrances, vos difficultés. En un mot, à sacrifier purement et simplement vos intérêts. Ces derniers se confondent trop avec ceux de la Nation pour qu’un ministre communiste puisse les oublier. C’est pour avoir observé cette fidélité envers vous-mêmes, cette solidarité pour vos justes et raisonnables revendications, que je fus atteint, ainsi que mes amis, d’une sanction grave : celle de la révocation pure et simple. Nous étions devenus des êtres gênants, des “empêcheurs de danser en rond”, des hommes qui, trop souvent, affichaient des “intérêts sordides”. Ils sont maintenant entre eux et pourront régler avec plus de tranquillité certains problèmes, dont quelques-uns ne sont pas sans dangers pour l’avenir de la France. Comme je le rappelais il y a quelques jours, la lutte continue pour la renaissance française, l’indépendance nationale et l’instauration d’un bien-être pour tous. Il n’y a rien de changé.”
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